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Guide express : bannir les pléonasmes qui trahissent

Publié le 18 février 2026 · 6 min de lecture

Dictionnaire ancien et stylo plume sur un bureau élégant

Il est des maladresses qui ne se remarquent presque pas, jusqu'au moment où elles révèlent une pensée insuffisamment maîtrisée. Le pléonasme en fait partie : cette répétition de sens alourdit une phrase, parfois avec une discrétion trompeuse. Savoir le repérer, c'est déjà donner à sa parole davantage de netteté et de distinction.

Qu'est-ce qu'un pléonasme ?

Le pléonasme consiste à employer ensemble plusieurs mots dont le sens se recouvre. Dans « monter en haut », le verbe monter indique déjà un mouvement vers un lieu plus élevé ; le complément ne fait donc qu'en répéter l'idée. De même, « prévoir à l'avance » redouble inutilement une notion contenue dans le verbe : prévoir, c'est précisément considérer ce qui arrivera avant que cela ne se produise.

Cette répétition n'est pas toujours une faute. La littérature et la conversation savent en tirer un effet d'insistance, d'émotion ou de rythme. « Je l'ai vu, de mes propres yeux » peut souligner la certitude du témoin. Dans un texte soigné, toutefois, il convient de distinguer l'intention stylistique de l'automatisme.

Les pléonasmes les plus courants

Certains se sont glissés dans l'usage quotidien au point de passer inaperçus. Ils ne compromettent pas nécessairement la compréhension, mais ils affaiblissent une phrase qui gagnerait à être plus précise.

À remplacer : « au jour d'aujourd'hui » → « aujourd'hui »
À remplacer : « voire même » → « voire »
À remplacer : « une personne humaine » → « une personne »
À remplacer : « collaborer ensemble » → « collaborer »

On rencontre aussi « une opportunité à saisir », alors que le mot opportunité désigne déjà une occasion favorable ; « un monopole exclusif », puisque le monopole suppose l'exclusivité ; ou encore « un hasard imprévu », le hasard étant par définition ce qui n'est pas prévu. Dans chacun de ces cas, la correction ne demande pas de réécrire toute la phrase : il suffit de retirer le mot redondant.

Une liste à garder en mémoire

Quand la répétition devient-elle acceptable ?

La langue n'est pas une mécanique rigide. Certains pléonasmes, dits figures de style, servent à donner de la force au propos. Victor Hugo ou La Rochefoucauld n'écrivaient pas pour économiser chaque mot, mais pour atteindre une justesse de ton. Une répétition volontaire peut ainsi produire une solennité, une ironie ou une émotion particulière.

La prudence s'impose néanmoins dans les écrits professionnels, les lettres officielles et les prises de parole publiques. Une expression comme « entrer à l'intérieur » pourra être naturelle dans un dialogue ; dans un rapport, « entrer » sera plus ferme. L'élégance consiste moins à supprimer toute redondance qu'à savoir pourquoi elle demeure.

Cette attention au mot juste vaut également lorsqu'on décrit un intérieur ou un travail domestique : un diagnostic précis distingue une trace, une dégradation et une véritable infestation, comme un bon texte distingue l'essentiel de l'accessoire. Pour approfondir ce type de vocabulaire pratique, exterminateurparis.fr propose des conseils consacrés à l'entretien de la maison, à l'humidité et aux nuisibles. Là encore, la précision des termes aide à comprendre la situation avant d'agir.

La méthode en trois questions

Pour corriger un pléonasme sans hésitation, une méthode simple suffit. Elle peut s'appliquer aussi bien à un courriel qu'à une dissertation ou à une conversation préparée.

1. Quel est le sens exact de chaque mot ?

Ne vous fiez pas seulement à l'habitude. Cherchez mentalement la définition du verbe, du nom ou de l'adjectif employé. Si un terme contient déjà l'information apportée par le suivant, la phrase mérite d'être allégée.

2. La répétition est-elle intentionnelle ?

Demandez-vous si elle produit un effet réel : insistance, contraste, émotion, oralité. Si elle n'apporte rien, elle ressemble probablement à une formule automatique. La supprimer rendra le propos plus vif.

3. Peut-on dire la même chose plus simplement ?

La simplicité n'est pas la pauvreté. « Prévoir à l'avance » devient « prévoir », « s'entraider mutuellement » devient « s'entraider » : la phrase gagne en mouvement sans perdre la moindre nuance.

Le réflexe élégant : lors d'une relecture, entourez les couples verbe-adverbe et nom-adjectif. Les associations « prévoir à l'avance », « solution alternative » ou « petit détail » méritent un examen attentif. Une lecture à voix haute révèle souvent les lourdeurs que l'œil laisse passer.

Écrire avec mesure

Bannir les pléonasmes ne signifie pas parler comme un dictionnaire. Le français vivant accepte l'ellipse, la répétition expressive et les nuances de l'oral. Il s'agit plutôt de retrouver une liberté de choix : employer une formule parce qu'elle sert la pensée, non parce qu'elle s'est imposée par habitude.

Cette discipline rejoint une certaine idée du savoir-vivre. Une parole claire respecte celui qui l'écoute ; elle ne l'oblige pas à traverser une forêt de mots pour atteindre une idée simple. Pour poursuivre ce travail sur l'expression, découvrez les réflexions et les règles proposées sur notre page d'accueil, entre langue française, culture générale et art de vivre.

La prochaine fois que vous écrirez « au jour d'aujourd'hui » ou « voire même », accordez-vous une seconde de recul. Un mot retiré peut parfois rendre à toute une phrase sa tenue, son rythme et cette discrète élégance qui ne cherche jamais à se faire remarquer.

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