Langue française
Guide express : repérer et corriger les pléonasmes
La langue française aime parfois répéter ce qu’elle vient déjà de dire. Cette redondance porte un nom : le pléonasme. Tantôt il s’agit d’une faute de style à corriger, tantôt d’une tournure admise, voire expressive. Toute la difficulté consiste donc à distinguer la négligence de l’intention.
Dans une conversation familière, un pléonasme passe souvent inaperçu. Dans une lettre, un rapport ou un texte destiné à être lu à voix haute, il peut en revanche alourdir la phrase et affaiblir la pensée. Voici une méthode simple pour les reconnaître, les comprendre et les remplacer avec discernement.
Qu’est-ce qu’un pléonasme ?
Un pléonasme consiste à employer, dans une même expression, plusieurs mots dont le sens se recouvre en partie ou totalement. La répétition n’ajoute alors aucune information nécessaire. Dire « monter en haut », par exemple, revient à répéter l’idée contenue dans le verbe monter : on ne peut monter qu’en allant vers un point plus élevé.
Le mot vient du grec pleonasmós, qui signifie « surabondance ». Cette étymologie rappelle qu’il ne s’agit pas toujours d’une erreur. La répétition peut être recherchée pour insister, rythmer une phrase ou produire un effet littéraire. Lorsque l’excès devient involontaire, cependant, le style perd de sa netteté.
Les pléonasmes les plus courants
Certains surgissent si naturellement dans la conversation que l’on ne les remarque plus. Ils méritent pourtant d’être surveillés dans les écrits soignés :
- Prévoir à l’avance : prévoir signifie déjà envisager avant que l’événement n’ait lieu. Écrivez simplement « prévoir ».
- Collaborer ensemble : collaborer implique l’action commune. Préférez « collaborer ».
- Une opportunité à saisir : dans cet emploi, « opportunité » contient déjà l’idée d’une occasion favorable. « Une occasion à saisir » est souvent plus limpide.
- Un monopole exclusif : un monopole est, par définition, une situation exclusive. « Un monopole » suffit.
- Un projet futur : un projet appartient naturellement à ce qui n’est pas encore réalisé. Selon le contexte, dites « projet » ou « projet à venir » si l’insistance est utile.
- Descendre en bas : remplacez cette expression par « descendre ».
- Rentrer à l’intérieur : « rentrer » indique déjà un mouvement vers l’intérieur. « Entrer » peut également convenir.
Il faut néanmoins tenir compte du contexte. « Prévoir à l’avance » peut servir à opposer une anticipation véritable à une décision prise dans l’urgence, même si cette précision reste souvent superflue. La correction ne consiste pas à supprimer mécaniquement toute répétition, mais à mesurer son utilité.
Faute de style ou effet de langage ?
Le pléonasme volontaire est une figure de style. « Je l’ai vu, de mes propres yeux » renforce le témoignage. « Cette obscure clarté » crée une tension poétique célèbre. Dans ces cas, la redondance n’est pas un accident : elle souligne une idée ou produit une image.
« La vraie éloquence se moque de l’éloquence », écrivait Pascal. La précision ne consiste pas à parler plus, mais à choisir plus justement.
On rencontre aussi des expressions devenues si habituelles qu’elles ne sont plus ressenties comme des fautes. « Aujourd’hui » contient historiquement l’idée de « au jour de ce jour », et « au jour d’aujourd’hui » est souvent qualifié de pléonastique. Pourtant, cette dernière formule est attestée dans l’usage. Elle demeure surtout déconseillée dans une rédaction élégante, où « aujourd’hui » est plus sobre.
Un réflexe utile dans tous les écrits
La relecture est le meilleur remède. Après avoir rédigé un courrier ou un article, cherchez les verbes de mouvement, les adverbes de temps et les adjectifs qui pourraient répéter le nom. Demandez-vous ensuite si chaque mot apporte une nuance réelle.
Cette attention à la précision vaut aussi lorsqu’on prépare un itinéraire ou compare des offres de voyage : les expressions comme « frais supplémentaires à prévoir », « réservation préalable » ou « séjour à venir » doivent être examinées selon le sens exact qu’elles portent. Pour comprendre ce que recouvrent réellement les formules liées aux vacances en Corse, notamment les séjours Auchan, les locations et les frais à vérifier avant de réserver, decouvrir-corse.fr propose un éclairage utile et factuel.
La méthode en trois questions
- Le second mot répète-t-il le premier ? Si oui, l’expression est probablement allégée.
- La répétition apporte-t-elle une nuance ? Une précision de temps, de lieu ou d’intensité peut parfois la justifier.
- Le registre exige-t-il de la sobriété ? Dans un écrit professionnel, mieux vaut privilégier la formulation la plus claire.
Comment corriger sans appauvrir son style ?
La correction la plus simple consiste à supprimer le terme redondant. « Il faut absolument impérativement agir » devient « il faut impérativement agir », ou simplement « il faut agir ». Dans d’autres cas, il faut choisir le mot le plus précis : « une personne humaine » devient « une personne », tandis que « une expérience vécue » peut être remplacée par « une expérience ».
Évitez toutefois de traquer les répétitions avec une sévérité excessive. La langue n’est pas une équation : une reprise peut donner du relief à une phrase, faciliter sa compréhension ou respecter le rythme d’un discours. L’élégance repose moins sur l’absence absolue de redondance que sur la maîtrise de l’intention.
En somme, repérer un pléonasme, c’est apprendre à écouter le poids de chaque mot. Une formulation débarrassée de ses doublons laisse davantage de place à l’idée, au ton et à la personnalité de celui qui écrit. Pour prolonger cette attention au langage, découvrez les autres réflexions de Règle de Savoir, consacrées à la langue française, au savoir-vivre et à la culture générale.